dimanche 6 mars 2011

Alyah עלייה

L'Alyah veut dire littéralement "la montée", quitter son pays d'origine pour monter en Israël. Venir en Israël semble ainsi être quelque chose qui va nous elever vers un état supérieur (?). Faire son Alyah veut dire en réalité, obtenir la nationalité israélienne.
Comme j'en ai déjà parlé, la loi du retour permet à toute personne ayant minimum un grand-parent juif de pouvoir devenir israélien. De temps en temps, on voit à la télévision des avions entiers de familles françaises qui font leur alyah groupés, ça s'appelle l'alyah "tapis rouge", on me demande souvent ce que donne le gouvernement aux nouveaux arrivants (en hébreu olim hadachim), afin de clarifier tout cela, je vais vous dire les principales aides de l'état pour les nouveaux immigrants ! Sachant que ces information ne sont absolument pas top secret puisqu'elles sont disponibles sur iternet http://www.nbn.org.il/.

Panier d'intégration : si le nouvel immigrant (olé) est célibataire, qu'il n'a pas passé 18 mois consécutifs ou cumulés en Israël pendant les 3 dernières années précédent son Alyah, il reçoit, étalés sur 7 mois, 15 789 Shekels soit au taux d'aujourd'hui : 3 433 euros.

Oulpan : droit à 5 mois d'oulpan, 5 heures par jour, 5 jours par semaines.

Etudes : si l'olé commence ses études dans les 3 ans suivant son alyah, avant l'âge de 27 ans pour une licence et avant 30 ans pour un master, ses études sont gratuites. (à noter que les droits universitaires en Israël sont assez élevés, pas comme en France).

Assurance santé : un an de couverture sociale gratuite si l'olé est au chômage.

Achat de voiture : pendant les 3 ans suivant l'Alyah, l'olé paye des taxes réduites pour l'achat d'une nouvelle voiture.

Taxes municipales : les taxes municipales sont réduites de 70% à 90% selon les villes, jusqu'à 100 m2.

Aide à la location : de la 2ème à la 4ème année d'Alyah, un olé célibataire reçoit 223 shekels par mois (46 euros). Dans le 5ème année, c'est 89 shekels (19 euros)

Taxes d'achat d'appartement : Réduction des taxes pour l'achat d'un premier appartement pendant les 7 ans suivant l'Alyah (y'a des détails précis de chiffres que je ne reporte pas ici)

Taux d'interêts lors de l'achat d'un appartement : l'olé bénéficie de taux d'emprunt préférentiel dans l'achat de son premier logement en Israël, bénéfice valable dans les 10 ans suivant l'Alyah.

L'armée : quelques grandes lignes sur l'armée. L'armée, c'est 3 ans pour les garçons, 20 mois pour les filles de façon générale. Y'a pleins de détails sur qui fait l'armée, qui ne la fait pas en Israël et ce n'est pas le but de ce message. Ca dépend si l'olé est une fille, un garçon, son âge et son pays d'origine.

mercredi 29 décembre 2010

Petits bonheurs

Il y a d'abord des discussions, parler de ce qui ne vas pas ca fait du bien d'abord à Bezalel à la cafétéria et puis par hasard en ville. Un soir, après l'oulpan, je décide de me promener à Mamilla, allée commerciale qui mène à la porte de Yaffo, une des entrées de la vieille ville. Les gens attablés aux cafés et restaurants entre amis me font envie, ca me rappelle les pots entre amis de Paris. Et puis sur le retour, une belle rencontre par hasard, avec une fille de mon groupe. On va prendre un verre, enfin !

Après c'est un week-end très sympathique, émouvant et instructif dans le Nord d'Israël. Nous avons été au village d'Ein Hod. Village composés uniquements d'artistes et qui a été malheureusement gravement touché par l'incendie qui a ravagé la région du Carmel à côté de Haïfa, il y a un mois.

Une autre soirée entre amies tard, après l'école, il y a deux jours encore par hasard.

Et puis, il y a mes projets qui n'avançaient pas d'autres qui foiraient complètement. La communication est compliquée. Et puis toute cette pression, tous ces gens qui ont hâtent de voir ce que sera ma prochaine pièce, ou qui me demande après avoir vu mes pièces ce que je fais ici, ça fait plaisir, c'est sûre d'une certaine façon mais en même temps c'est pas évident à gérer. La peur de faire quelque chose de "pas bien" a fait que pendant longtemps c'était le blocage complet. Puis à un moment donné, on se rend compte que je passe à côté de quelque chose, du plaisir de créer et tout simplement du plaisir d'être ici. Alors je décide de me faire plaisir (enfin), de laisser de côté cette peur du jugement ! Enjoy yourself every day, because every day is a new day !

Et cerise sur le gâteau, aujourd'hu, j'étais au paradis ! Une librairie de livres d'occasions immense avec des livres dans pleins de langues et bien sûre en français. Je me suis achetée pour 45 shekels (env 9 euros): Paroles de Jacques Prevert, un livre de science fiction et un essai sur l'art, "l'art et ses problèmes". Tout un programme !





A ces petits bonheurs....


mercredi 8 décembre 2010

Maison

Le dimanche, j'ai un cours à Bezalel qui s'intitule "Israël, place and culture", notre professeur s'adresse à un public d'étudiants étrangers majoritairement non juifs et essaie de nous donner une certaine vision d'Israël d'un point de vue sociologique et anthropologique. Je dirais que son objectif est de faire prendre conscience de la complexité de la situation dans laquelle se trouve Israël à travers des supports audio-visuels, des articles, des discussions et des visites.

La première chose importante à établir est la différence entre l'histoire et mémoire. L'histoire est objective et retrace les faits, la mémoire elle est vivante et est un support qui est utilisé pour construire une identité. Elle pioche dans l'histoire des évènements et les rend importants, fédérateurs, permettant ainsi de créer artificiellement une identité et de supporter la cause politique que l'on souhaite.
Ce postulat peut ébranler pas mal de choses... Si mon identité est artificielle, qui l'a créée ? Mon identité juive est-elle artificielle aussi bien que mon identité française ? Si mon identité juive est artificielle alors à quoi ça me sert d'essayer de la préserver en tentant de respecter un minimum la religion ? Si une identité est artificielle alors comment se définit-on ? Peut être en tant qu'humain tout simplement.

Autre point important, dans le discours rien n'est laissé au hasard, le simple fait également d'utiliser des mots plutôt que d'autres indiquent également un point de vue politique. Les gens de droite diront "judée-samarie" (du nom des tribus qui étaient installées à cet endroit dans les temps bibliques) et pas "cisjordanie" ou encore "yerida" signifiant "descente" et pas "émigration" pour quelqu'un qui émmigre dans un autre pays (par opposition à "Alyah" montée en Israël pour les nouveaux immigrants).

Enfin, ces derniers cours, un élement symbolise la problèmatique du conflit et de l'histoire récente des juifs : la maison. Sur ce sujet, voir le film d'Amos Gitaï de 1982 qui s'appelle "la maison".

Le concept de maison, en ce moment, ça me parle... Un jour que je finissais le cours d'oulpan, je me suis dis, chouette après cette longue journée, je vais maintenant pouvoir rentrer chez moi. Et là j'ai eu l'image de mon appartement à Paris. Un quart de seconde plus tard je me suis rendue compte que c'était pas possible et que la maison qui m'attendait c'était ma chambre à l'université, pas vraiment chez moi. D'ailleurs ici, rien n'est encore chez moi, j'ai laissé trop de livres, trop de traces de ma vie dans ma cave à Paris.

Sa maison, son chez soi, son toit, sa sécurité, l'endroit que chacun investit à sa manière, avec ses propres lois de décoration, de rangement et de propreté. On imagine la souffrance que cela doit être de fuir, d'être obligé de quitter sa maison parce qu'on est en danger de mort, et de devenir un réfugié. Et maintenant, que penser de réfugiés qui occupent une maison de réfugiés ?


mardi 7 décembre 2010

Hanouca

Le pays fête en ce moment, חנוכה, Hanouca. Hanouka, n'est pas une fête issue des commandements de la Torah, elle a été instituée par les rabbins. Elle rappelle deux miracles qui se sont passés au temps de l'occupation d'Israël par les grecs. Je ne vais pas raconter ici l'histoire car tout plein de sites la raconte déjà très bien.

C'est une fête très joyeuse, l'occasion de nombreux évènements culturels, festivals, soldes...La ville est embellie, illuminée par les bougies des candélabres que les gens placent, comme le veut la tradition devant leur porte ou devant la fenêtre. Dans la rues également, des candélabres électriques rappellent chaque soir le nombre de bougies allumées, et sur le chemin de l'université mes traditionnelles décorations de noël sont remplacées par des candélabres electriques !  Mais après avoir admiré tout cela, tout d'un coup, vraiment, ca me fait bizarre...
Route menant à l'université
Est ce que Paris, les décorations de Noël, la pluie, la grisaille et la neige me manquent ou alors c'est parce que j'ai enfin compris que j'étais dans un état juif ? Déjà, chez moi, on allume les bougies mais on les met pas à la fenêtre, façon de ne pas s'afficher aux yeux des autres certainement. Et puis, nous avons allumé les bougies à l'université. J'ai toujours été contre les sapins de Noël à l'école. Je me souviens qu'on m'avait regardé de travers en prépa parce que j'avais pas cotisé pour payer le sapin qui tronait au fond de la classe. J'ai toujours regardé Noël de l'extérieur et je le revendiquais. Peut être que je ne suis pas à l'aise parce que je célèbre généralement Hanoucah dans l'intimité familiale ou entre amis, en tout cas dans une sphère privée. Parce que la France est un pays laïque, et que sapin ou hanouciah dans l'enceinte de l'école, finalement je suis contre.

J'avais conscience jusqu'ici de la différence de vécu entre moi et les étudiants israéliens, par rapport à l'armée, par rapport au conflit, la sécurité ici n'a pas le même sens qu'en France. Ils sont globalement plus mures, plus vites (d'ailleurs je me sens toujours assez immature face à eux). Mais aussi parce qu'à la différence d'eux, j'ai toujours vécu dans un pays non juif, laïque, d'héritage religieux chrétien. Ici, ça paraît normal de dire aux commerçants "chabbat chalom" le vendredi, que les affichages électriques des bus te souhaient "joyeux hanoucah", que les horaires d'entrée et de sortie de chabbat soient inscrits aux portes de Jérusalem, que le week-end soit le vendredi et le samedi... Mais je me souviens aussi de ce que c'est d'être juif en France et des problématiques engendrées par la volonté de respecter un minimum la religion, un choix constant entre la vie sociale et la volonté de vivre son identité juive.

Mais finalement, quelle que soit la décision que je vais prendre, rester ici ou rentrer en France à la fin de l'année, je suis contente d'avoir vécu les deux expériences.

vendredi 26 novembre 2010

Oulpan

L'oulpan, c'est les cours d'hébreu accélérés en Israël. Il a un certains nombre d'institutions, chacun sa méthode. Je suis dans l'oulpan "Milah" à Jérusalem (litttérallement "mot" en hébreu) http://www.milah.org/english/index-eng.htm. Je suis dans une classe de niveau 2+  et très satisfaite (ce qui n'est pas le cas des autres personnes de mon groupe qui sont dans d'autres niveaux plus faible, ils trouvent que ca ne va pas assez vite).

C'est 2h30, deux soirs par semaine, on apprend en cours, à la maison, c'est juste quelques révisions et petits devoirs. Le seul bémol, c'est qu'il y a relativement peu d'oral finalement, pour cela, il faut plutôt suivre des cours de conversation spécifiques.

Un soir on a fait une visite des Nahlaot, sixième quartier de Jérusalem créé en dehors des remparts de la vieille ville au 19ème siècle. La visite tout en hébreu était un vrai bonheur, déjà car le quartier est un petit bijou, comme un petit village, sans voiture, d'un calme reposant juste entre le marché et les rues principales bruyantes du centre ville (oui je sais besoin de photos ici, mais une prochaine fois), ensuite parce qu'en hébreu simple compris par tous, donc c'était très valorisant.

L'oulpan c'est aussi un lieu très cosmopolite. De nombreuses nationalités y sont représentées, palestiniens, européens, américains du sud et du nord ; juifs, musulmans, catholiques, protestants ou sans religion sont présents. Chacun apprend l'hébreu avec un objectif différent, pour pouvoir étudier, travailler ou tout simplement pour apprendre la langue le temps d'une expatriation ou des études. Les textes étudiés font la plupart du temps référence à la culture juive israélienne et je me pose des fois la questions de ce que peuvent en penser les arabes qui apprennent l'hébreu.

samedi 13 novembre 2010

Fonte

Un petit aperçu de ce que je fais en cours de fonte et du process :

1) Faire la maquette en cire, j'ai choisi de fondre ma bague "twist" réalisée l'an dernier à l'AFEDAP.


2) Prendre un cylindre de caoutchouc, placer une tige de cire bleue au fond du cylindre et la "coller" au modèle (pas avec de la colle mais avec de la cire fondue). Cette cire bleue fond beaucoup plus vite que la cire verte utilisée pour le modèle dont elle ne risque pas de l'endommager.

Exemple avec un morceau d'os
2) Peser l'ensemble maquette + cire bleue ajoutée, cela permet de calculer la quantité de métal nécessaire en multipliant par le rapport entre la densité de la cire et la densité du métal utilisé.

3) Placer un cylindre de métal qui entourt le support en caoutchouc sur lequel repose la tige de cire bleue où est collé la maquette, faire du plâtre et le couler dans le moule.
La poudre de plâtre est mélangée à de l'eau en quantités strictes puis mise sous vide pour enlever toutes les bulles d'air. Puis, lorsque la maquette est en cire le moule dans lesquel on a coulé le plâtre est aussi placé sous vide pour enlever les bulles.
Lorsque la maquette est en plastique ou en matière organique, l'adhérence entre la cire bleue et la maquette n'est pas forcément bonne donc si on le place sous vide, l'objet risque d'être détaché du support, donc le traitement sous vide n'est pas fait pour ce genre d'objet.

4) Une fois le plâtre sec, enlever le support cylindrique en caoutchoux. La tige de cire bleue dépasse alors du moule en plâtre. C'est à cet endroit que la cire s'échappera et le métal sera coulé.

5) Cuire le moule, la cire fond, l'empreinte de l'objet reste.

4) Faire fondre la quantité de métal nécessaire et une fois le métal fondu, placer le moule dans la centrifugeuse qui est alors activée.


5) Sortir le moule de la centrifugeuse et attendre qu'il refroidisse.

6) Prendre le moule et le couler dans de l'eau, le plâtre est évacué et la pièce en métal apparaît. Le blanc, c'est du plâtre qu'il faut nettoyer et le noir, ça semble être des impuretés qui peuvent s'enlever avec de l'acide. Reste maintenant à enlever le jet de fonte et à la nettoyer.
La bague en sortie de fonte

mercredi 3 novembre 2010

Chalom Haver

Chalon Haver, "Au revoir Ami", c'est ainsi que Bill Clinton a terminé son discours d'hommage à Itshak Rabin le soir de son assassinat par un juif extrémiste, Ygal Amir, le 4 novembre 1995.

J'étais en Pologne ce jour-là et mon père avait l'habitude de regarder les chaînes américaines d'info en continue. J'avais 14 ans, et il m'a fallu un peu de temps pour comprendre la soudaine tristesse dans le regard de mon père.
Pendant longtemps, lors de nos débats aux EEIF (Eclaireuses Eclaireurs Israélites de France), on disait, "c'est pas parcequ'on a tué un homme qu'on a tué une idée". On y croyait. On espérait que le processus de paix allait continuer malgré tout. Et c'est exactement ce qu'a dit quinze ans après un des orateurs samedi soir dernier à Tel-Aviv...Mais aujourd'hui, moi j'y crois plus vraiment.

Perle parle très bien de ce rassemblement dans son article : http://perleinisrael.blogspot.com/ : de très nombreux jeunes des mouvements de jeunesse qui pour certains ne parlaient pas encore quand Rabin est mort, la présence uniquement des parties de gauche et d'extrème gauche et l'absence de kippot (soit l'absence de gens religieux). Ceci est assez représentatif de la société israélienne aujourd'hui. Je me dis que si les organisations communautaires appellaient à un tel rassemblement en France, toute la communauté juive sera présente, sans distinction de degré de religiosité ou d'âge, je m'avancerai peut être en disant sans distinction de point de vue politique mais je pense que ce serait le cas également.

C'est ca aussi la différence entre être juif en Israël et être juif en diaspora.